LE RESPECT DE LA FAUNE ET LA FLORE


Pour commencer; voici une infographie qui montre le temps nécessaire pour que les déchets, que nous avons tous vu au fond, se dégradent.

Alors n'hésitez pas à ramasser les déchets qui se retrouvent dans les fonds, il vaut mieux que ces déchets se retrouvent dans nos poubelles que dans nos estomacs.


le plomb cet ennemi SILENCIEUX


 

On a tous un jour pêché avec un leurre plombé.

 

Du petit plomb fendu (split shot) à l’olive de 30 grammes en passant par la tête de jig, tôt ou tard, tout pêcheur français a balancé à l’eau sa ligne pourvue de plomb.

 

Plomb :

Le plomb est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole Pb et de numéro atomique 82. Le mot et le symbole viennent du latin plumbum.

Le plomb est un métal gris bleuâtre, blanchissant lentement en s’oxydant, malléable. C’est un élément toxique, mutagène, et reprotoxique, sans valeur connue d’oligoélément. Il a en effet été classé comme potentiellement cancérigène en 1980, classé dans le groupe 2B par le CIRC puis comme probablement cancérigène pour l’homme et l’animal en 2004. Deux sels de plomb (chromate de plomb et arséniate de plomb), sont considérés comme carcinogènes certains par le CIRC .

 


 

 

Le plomb est un contaminant de l’environnement, toxique et écotoxique dès les faibles doses. Les maladies et symptômes qu’il provoque chez l’homme ou l’animal sont regroupées sous le nom de « saturnisme ».

 

Le mot est lâché : cancérigène ! C’est supposé faire peur et ça devrait suffire à  changer le monde définitivement. Et pourtant…

 

Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des vidéos ou des textes scientifiques démontrant la toxicité certaine de ce métal pour l’homme et pour l’environnement. Malgré tout, celui-ci est encore abondamment utilisé dans l’industrie en 2013 et dispersé dans la nature sans aucun scrupule. 

Vous me direz : « Oui mais bon, ce n’est pas un petit plomb de quelques fractions de grammes qui va changer quelque chose ». Vous aurez tort !

 

Le plomb s’oxyde très lentement, garantissant une diffusion lente et continue dans le milieu pollué s’ajoutant chaque année à la pollution des années précédentes. Combien de mouches plombées, de têtes de jigs, de bas de lignes plombés avez-vous déjà perdu lors de vos séances de pêche ? Pensez-vous réellement que ceux-ci sont sans conséquence pour la santé de votre rivière préférée ? Et si tous les pêcheurs qui empruntent le même parcours que vous pensent la même chose, que se passe t-il ?

 

Tête de jig, olive, hameçon lesté… Accessoires habituels de bien des pêcheurs « pur plomb »… Un désastre pour nos mers.

 

 

Environnement Canada rapporte qu’environ 2.5 millions d’oiseaux sont atteints de saturnisme en Amérique du Nord. Les causes principales à cette maladie sont l’ingestion de plomb de chasse et de pêche par l’intermédiaire de proies contaminées ou par ingestion directe (picorement, blessure…).

 

 

La faune halieutique est, elle aussi, victime des effets toxiques du plomb. Les alevins de nombreuses espèces sont sensibles à cette pollution létale à très faible dose. Les petits organismes aquatiques sont aussi très sensibles à cette pollution (larves, chironomes, gammares…) et accumulent des taux importants de métaux lourds qui finissent dans les organismes des prédateurs. Les oiseaux se nourrissant exclusivement de poissons et qui se trouvent donc en haut de la chaîne alimentaire, cumulent ainsi des taux de plomb importants dans leur organisme pouvant entrainer des maladies graves voire même la mort.

Un simple plomb pesant seulement quelques grammes, ingéré par un rapace (qu’il mettra plusieurs semaines, voire plus, à digérer) peut lui être fatal ! Ce plomb était peut-être accroché à la gueule du poisson qu’il vient de capturer…

 

Les pollutions sont nombreuses malheureusement et le plomb n’est qu’un élément parmi tant d’autres qui contribuent  à l’appauvrissement de la faune et à la destruction de notre environnement. En France, une étude sur le bassin Adour Garonne (corrélée avec une autre étude de l’Agence de L’Eau) apporte quelques données sur le risque lié à la consommation de poissons pêchés dans ce bassin.

Même si les chiffres ne sont pas alarmants, ils révèlent parfois des taux de métaux lourds préoccupants notamment pour la consommation chez les jeunes enfants. Le plomb n’est peut-être pas le plus violent des poisons mais il constitue un danger certain pour tous et finit tôt ou tard dans nos assiettes à travers l’eau du robinet ou même des légumes frais achetés au marché qui auront été arrosés avec cette eau.

Les solutions à cette pollution existent et lorsque la volonté politique est bien présente, les résultats ne se font pas attendre. De ce côté-là, on peut lever notre chapeau aux états américains qui ont pris les mesures nécessaires à l’éradication de cette menace écologique.

 

La volonté de chacun peut contribuer à enrayer ces mauvaises pratiques et à renverser le cours des choses. Pourquoi s’entêter à utiliser le plomb pour nos loisirs quand il suffit de choisir un autre matériau comme le tungstène, non-toxique et abordable, pour arriver au même résultat ? Ça ne coûte pas grand chose et ça garantit un avenir meilleur pour nos cours d’eau et pour les populations locales déjà très touchées par les diverses menaces écologiques.

 

Les fabricants sérieux proposent de plus en plus d’alternatives au plomb. Si vous pouvez, utilisé que de plombs, estampillé « LEAD FREE » ou des plombs enrobés.

Lors des sorties n'hésitez pas à ramasser les plombs qui traine aux fonds.

 

Les habitudes sont dures à changer chez certains et souvent les arguments à cet immobilisme ne tiennent pas debout. La considération financière est souvent mise de l’avant. Le marché s’adapte : si la demande en produits alternatifs grandit, les prix baisseront.