LES TECHNIQUES DE CHASSE


L'agachon


Un agachon est un poste d'affût sous-marin.

 

Le chasseur sous-marin en apnée se camoufle en utilisant le relief, les algues pour surprendre le poisson. Cette technique exige de celui-ci une grande discrétion. L'agachon est utilisé en particulier pour les poissons de pleine eau ou de fond.

 

Étymologie : Le terme agachon est un terme provençal (en graphie occitane : agácho), signifiant littéralement aguet. Il vient du bas-latin gachare : faire le guet.

L'agachon est donc un affût, pratiqué sous l'eau par le chasseur sous-marin. Posé au fond, bien dissimulé derrière un relief, immobile, le chasseur attend que le poisson, poussé par la curiosité, vienne vers lui à portée de tir. 

C'est avec la coulée la méthode de chasse la plus fine. Elle est bien adaptée pour le bar (loup), le sar, le denti et en général les poissons de pleine eau. 

Pour être efficace, l'agachon demande, la plupart du temps, des apnées assez longues et donc une bonne préparation physique.  

Le matériel a aussi son importance, notamment le lest et sa répartition. Le lest de jambes est particulièrement conseillé ici pour éviter que celles-ci remontent au dessus du niveau du corps lorqu'on est posté au fond. 

Si l'eau est claire, il est préférable de prendre une arbalète longue (fût de 90 cm et plus). Si l'eau est assez trouble ou agitée, c'est une arbalète de 75 qui est la mieux adaptée. Certains chasseurs sous-marins, comme Gérard Arslanian dans les années 70, se sont spécialisés dans cette technique très sélective pour s'y consacrer exclusivement. 

Lorsqu'il s'effectue dans la zone des 20 m et au delà, à la recherche captivante de ce poisson roi qu'est le denti par exemple, l'agachon doit être pratiqué avec beaucoup de prudence. 

En raison de l'immobilité, de la profondeur et de la durée de l'apnée, de nombreuses syncopes anoxiques ont été constatées dans ces conditions.  

Même pour les plus entraînés, il est conseillé de pratiquer en alternance. L'équipier resté en surface, muni d'une arbalète de 75 cm pour doubler le poisson, se consacre exclusivement à la surveillance de son compagnon, spécialement à la fin de sa remontée et après son retour en surface. 

La chasse en équipe prend alors toute sa dimension.  

LE COULEE


La coulée est la technique de chasse qui consiste (justement ) à se laisser couler vers le fond, sans un mouvement, en direction d'un poisson pour l'approcher sans le faire fuire. 

Cela suppose un lestage bien réglé pour avoir, passé une certaine profondeur, alors qu'on est encore loin du fond et/ou du poisson, une flottabilité permettant de descendre sans palmer.  

C'est toute la difficulté de cette technique qui est adaptée plutôt pour chasser assez profond et en eau claire. 

Arrivé près du poisson tendez le bras et vous gagnerez deux mètres de distance grâce à votre bras et le fusil 

Une astuce trés importante, si vous pouvez éviter d'aborder votre cible de 3/4 arrière. 

En effet, c'est de cette façon que les prédateurs attaquent.

Une approche de face ou de 3/4 face est mieux pour l'approche. 

Mais le meilleur tir est de 3/4 arrière : difficile de composer avec les deux.

L'indienne


La chasse à l’indienne est une technique de chasse sous-marine largement utilisée par les débutants.

Cette technique consiste en un déplacement lent entre les laminaires, les rochers ou le long de tombants pour surprendre les poissons. Pour que cette technique de chasse soit efficace, le chasseur doit être discret et réactif car la plupart des tirs se feront à l’instinct.

 

La chasse à l'indienne consiste à nager au fond ou en surface en suivant le relief pour aller vers le poisson sans être vu et le surprendre.  

Cette technique qui est sans doute la plus naturelle et l'une des plus ludiques, nécessite une grande aisance dans le déplacement afin de faire le moins de bruit possible (ne pas racler le fond ou le toucher avec les palmes). 

En pratique, ayant aperçu un ou des poissons depuis la surface, ou après une plongée en demi-coulée,plutôt que de plonger directement vers eux, on s'immerge un peu plus loin pour rejoindre le fond. Une fois au fond on se dirige vers l'endroit où se trouvent les poissons, en palmant discrètement, voire en s'agrippant sur la roche pour avancer par traction des bras. 

Quand la visibilité est mauvaise, et qu'elle ne permet pas d'apercevoir le poisson de loin, la chasse à l'indienne se pratique aussi. On progresse au fond, toujours prêt à surprendre le poisson qui se trouverait au détour d'une roche.  

La chasse à l'indienne se pratique de la même manière en plongeant le long des tombants, à la descente comme à la remontée, notamment en falaise sous l'écume. 

En Méditerranée notamment, l'indienne se pratique le long des bords rocheux, en surface ou dans de petits fonds où les poissons (dorades, sars, loups, muges, etc) viennent se nourrir, le matin très tôt de préférence. La fin d'après-midi est aussi intéressante, car après l'agitation de la journée , le poisson remonte près de la surface pour se nourrir.  

Enfin, la chasse à l'indienne peut se combiner avec d'autres techniques, chasse à trou et agachon,selon les opportunités.  

Il est ainsi possible d'interrompre une progression à l'indienne par la visite d'un trou, ou, de manière plus fréquente, par un agachon, afin d'inviter un poisson qui s'éloigne à revenir vers soi. Inversement il est possible de tenter de surprendre le poisson par une brusque accélération, suivie d'un tir rapide à la volée, le bras tendu pour un maximum de portée. L'utilisation de flèches fines, 6 mm, voire de 5,5 mm artisanales, est alors conseillée en raison de leur rapidité. 

Cette technique particulière est notamment utilisée dans la houle, en Atlantique par visibilité moyenne et donne d'excellentes résultats, même sur les poissons les plus méfiants comme les dorades royales. 

LA CHASSE A TROUS


 

 

La chasse à  trou est une des techniques utilisées assez rapidement par les chasseurs sous-marin. 

Elle consiste à aller chercher le poisson qui se cache ou se repose sous les pierres et dans les failles. 

 

Pour que la chasse à trou soit productive, il est nécessaire de bien connaître le spot pour savoir sous quelles pierres chercher, il est également très important d’avoir, encore une fois, une approche discrète pour ne pas effrayer les poissons qui se reposent dans les trous.

Rares sont les sorties durant lesquelles on n'utilise pas la technique de la chasse à trou. Explorer une faille, une rague, un recoin de tombant satisfait pleinement le goût de la recherche du chasseur. Encore faut-il pour réussir, choisir la bonne pierre et l'aborder avec une parfaite maîtrise du geste. Le chasseur est très souvent contraint d'explorer les trous pour chercher le poisson. Certains y vivent en permanence ou presque, évoluant parfois aux alentours et sortant la nuit pour s'alimenter. D'autres n'y sont que de passage quand ils sont effrayés, en période de reproduction.

 

Le premier problème qui se pose c'est quel trou explorer ? Et le problème est d'autant plus ardu que le relief est varié. Les bons chasseurs le résolvent par l'expérience en sachant que dans tel type de trou il y aura certainement tel poisson ! C'est ce que l'on appelle "le sens de la pierre". Cela implique que certains signes sont à prendre en compte:

· Un mérou apprécie une petite plage de sable devant son trou

. le congre amoncelle les déchets devant chez lui

· Le corb affectionne les failles étroites

· La mostelle préfère les coins sombres

· Le mulet stationne sous des pierres "aérées" à plusieurs issues

De nombreuses espèces sont concernées par ce type de chasse. On compte parmi elles les espèces sédentaires telles que congre, murène, mérou et autre rascasse. Bien sûr les grands classiques: sar, loup, muge... Suivant le type de roche ou sa configuration, on peut parier sur le type de poisson que l'on peut trouver. Ainsi, ragues horizontales et autres failles verticales ou obliques sont des endroits privilégiés pour le sar, de même que les zones de madrépore aux multiples issues ressemblant à un véritable morceau de gruyère.

Autre configuration, autre poisson, on peut dire que pour le mérou ce sont plutôt les grosses anfractuosités sombres type grotte qui forment son habitat. Néanmoins, pas trop de généralités car suivant où l'on plonge (méditerranée, atlantique, manche...) les fonds sont différents et donc la flore l'est également, d'où un changement de mœurs.

La chasse à trou intervient à n'importe quelle profondeur et bien évidemment, plus cela se fait profond, plus c'est difficile. En effet, la difficulté est croissante par le type de poisson recherché, par exemple le mérou, mais aussi par de petits problèmes liés au type de chasse lui-même : une flèche coincée dans le fond de la rague, un poisson difficile à extraire de son trou... plein de petits détails qui font que par acharnement on peut oublier qu'on est en apnée. On n'écarte pas également l'effet psychologique de la chose. Il peut être parfois difficile de rentrer dans un trou un peu plus sombre que les autres, ou encore les petites frayeurs telles que l'accrochage du tuba contre la roche, ce qui a pour effet immédiat le remplissage du masque. Comme quoi la chasse à trou n'est pas sans surprise. N'est-ce pas aussi ce qui en fait son charme ?

Encore une fois, la discrétion est de mise, surtout à l'approche du trou. Les coups d'arbalètes inopportuns contre la roche voueront toute tentative à l'échec. Même la main qui se pose contre la roche peut effrayer le poisson. Il faut être discret. Ainsi, on préférera aborder le trou par le dessus en tenant l'arbalète de telle sorte que le déclenchement du tir se fasse avec le pouce et non avec l'index, ou par le côté, mais jamais de face. La pointe de la flèche doit être engagée à peu près au moment où l'on distingue l'intérieur du trou. Son orientation suivra la direction du regard pour permettre un éventuel tir d'instinct. Un trou est souvent sombre et tous les recoins sont difficiles à discerner. Pas de panique, au bout de quelques secondes les yeux commencent à s'habituer à l'obscurité et certains détails supplémentaires apparaissent alors. Pour accélérer la chose, certains chasseurs ferment les yeux dans les deux derniers mètres de leur approche. Il peut arriver que la rague soit bondée et là, des doublés, voire des triplets peuvent être réalisés. Néanmoins, le deuxième ou le troisième poisson est la plupart du temps mal fléché et se décroche. En conséquence, on tirera d'abord ceux qui se tiennent à l'écart.

Chose importante, gérer ses pierres. Vous avez trouvé une belle rague, n'en prélevez pas tous ses habitants, cela ne sera que mieux pour vos plongées futures. La chasse à trou exige comme principale caractéristique pour l'arbalète la maniabilité. Il faut donc choisir des modèles courts, 50 à 75 cm, avec une flèche de 6,5 ou 7 mm équipée de préférence d'un ardillon court. De plus en plus utilisé le trident. A part sur du gros poisson, une puissance trop importante des sandows n'est pas justifiée, si ce n'est pour exploser vos flèches.

LES TECHNIQUES COMPLEMENTAIRES DE CHASSE 

et

LA TECHNIQUE RESPIRATOIRE